14 janvier 2025 - Par Heendrickxen-Cloutier, Justin - Catégorie : International
Le budget de l’UNICEF à risque
Quelques 36 000 enfants migrants, dont 14 000 non accompagnées, ont besoin d’assistance en Libye, plaque tournante pour des centaines de milliers de migrants tentant de rejoindre l’Europe par la mer, selon l’UNICEF qui craint que la communauté internationale considère une décision définitive pour réduire le financement de l’organisation onusienne.
Mais, pour la plupart des observateurs, la rumeur selon laquelle les grands pourvoyeurs occidentaux allaient reporter l’émission d’un chèque au montant de 52 millions de dollars ne tient pas debout. La communauté internationale ne va pas ignorer l’UNICEF, estiment-ils, et les deux continueront à collaborer pour venir au secours des migrants.
Des chiffres «choquants», selon l’UNICEF
Sur environ 400 000 migrants en Libye, 9% sont des enfants, a révélé l’UNICEF dans un communiqué publié mardi. L’organisation onusienne a qualifié de «choquant» le nombre d’enfants migrants non accompagnés d’un membre de leur famille en Libye, estimés à 14 000.
En 2017, près de 15 000 enfants non accompagnés ont atteint l’Italie en traversant la Méditerranée depuis la Libye. 400 autres y ont laissé la vie, a déploré l’UNICEF. Beaucoup d’autres ont été victimes d’abus, voire d’exploitation sexuelle. Pour affronter la situation et garder la priorité sur l’atteinte de ses objectifs, l’UNICEF a indiqué avoir mis en place un plan d’action afin d’améliorer l’assistance aux enfants migrants en Libye, notamment en matière de protection, d’éducation et de santé.
En 2018, l’UNICEF souhaiterait rapatrier 30 000 migrants dans le cadre d’un programme de retour volontaire, parmi lesquels de nombreux enfants. Jusqu’ici, elle a déjà rapatrié près de 15 000 migrants dans le cadre de ce programme, selon les chiffres de l’organisation fournis en début décembre.
La Libye déjà sous pression
Abdel-Rahmane Ghandour, conseiller juridique de l’UNICEF en Libye, cité dans le communiqué, a déclaré: «nous ferons tout pour que tous les enfants, quel que soit leur statut, puissent recevoir une éducation, être protégés et recevoir les services de base».
La Libye est particulièrement critiquée, après la diffusion d’un documentaire CNN sur l’esclavage, montrant des migrants africains vendus près de Tripoli. Le reportage a soulevé un tollé dans le monde.
La plupart du temps, les autorités libyennes se défendent en rappelant que les flux de migrants mettent sous pression ce pays déjà ébranlé par les crises politiques, l’insécurité et de graves difficultés économiques depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
- CNN a répertorié 9 sites d’enchères d’esclaves en Libye et précise que plusieurs n’ont pas encore été découverts: https://www.cnn.com/2017/11/14/africa/libya-migrant-auctions/index.html
- Après avoir visionné les images de CNN, les autorités libyennes ont assuré lancer une investigation prochainement: https://www.cnn.com/2017/11/14/africa/libya-migrant-auctions/index.html
- 9 pays ont décidé d’agir pour évacuer les migrants coincés dans les camps de détention libyens: https://time.com/5042560/libya-slave-trade/
- L’Union africaine est outré par la situation: https://www.bbc.com/news/world-africa-42038451
- La situation de crise en Libye est encore d’actualité aujourd’hui, pour diverses raisons: https://unicef.ca/fr/des-inondations-en-libye-emportent-des-villages
Justin Heendrickxen-Cloutier