Transport en commun: les préfets de la Couronne Nord prennent les choses en main

En réponse à l’urgence concernant le manque de transport en commun sur la Couronne Nord, la Table des préfets et élus de la Couronne Nord présidée par Laurence Tôth a dévoilé l’Agenda Mobilité Couronne Nord ce mardi. Le regroupement espère obtenir plus de pouvoirs décisionnels concernant le transport en commun.

Par Chanya Sedion

« Nous réclamons des actions immédiates et urgentes », lance la présidente du TPÉCN, Laurence Tôth. Cette dernière dénonce l’inaction du provincial quant à l’inefficacité du transport dans les vingt municipalités de la Couronne Nord. L’Agenda Mobilité Couronne Nord contient notamment des recommandations qui visent à améliorer l’offre de transport en commun et son efficacité. 

Un problème monstre

6 milliards. Ce serait la facture annuelle causée par la congestion routière dans la région métropolitaine de Montréal selon une étude de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) publiée en 2024. 

Laurence Tôth décrit également une expérience menée par Radio-Canada montrant qu’un chemin de 30 minutes en voiture entre Deux-Montagnes et Terrebonne se fait en 2h15 en transport en commun.

La TPÉCN s’est rendue à l’Assemblée nationale et a rencontré la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, en septembre dernier, faisant notamment valoir que le manque de transport collectif affecte le développement économique de la région. Ces efforts sont « demeurés lettre morte », déplore Mme Tôth. 

Une gestion locale

Les trois axes de l’Agenda se résument tous sous la principale demande de la TPÉCN: confier les responsabilités de gestion du transport en commun aux élus locaux.

La TPÉCN réclame la mise en place d’un comité d’élus qui ferait un suivi de l’état du transport en commun avec les grandes instances, comme l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ou exo. « [La gestion du transport en commun] ne doit pas être simplement centralisée aux fonctionnaires. Les élus locaux sont réellement au courant [de la situation et] parlent à leurs citoyens. » 

Questionnée sur l’efficacité des élus n’ayant possiblement aucune compétence en transport contrairement aux fonctionnaires, la présidente de la TPÉCN se justifie en disant que le comité serait entouré de professionnels et que la proximité des maires et des mairesses des villes leur confient une place de choix pour prendre les bonnes décisions.

Miser sur ce qui existe déjà

La construction de nouveaux projets structurants, tels des tramways, n’est pas portée par l’Agenda. « On n’a pas le pouvoir de partir des grands projets comme ça », lâche Mme Tôth tout en précisant que le but des élus est d’améliorer les structures déjà en place. « Ce qu’on veut, c’est une meilleure adéquation entre les projets structurants et les [réels besoins des municipalités] »

La présidente de la TPÉCN se veut rassurante et précise que l’implantation des recommandations ne coûtera pas plus cher aux citoyens. Elle veut que l’argent des taxes déjà perçues soit investi de manière efficace directement dans le transport de la région. « On ne veut pas que [cet argent] revienne à [Montréal], mais [qu’il reste sur la Couronne Nord]. »

Faits saillants de la conférence de presse

  • La TPÉCN demande les pouvoirs décisionnels en matière de transports en commun
  • La congestion routière à Montréal coûterait 6 milliards de dollars
  • Montréal est la deuxième ville canadienne la plus congestionnée
  • En moyenne, 57 heures sont perdues par année par un automobiliste à cause de la congestion
  • Source: CMM