Étudiant(e)s qui mangent dans la cafétéria du collège Dawson, situé dans le quartier Westmount, à Montréal. (Source : WordPress.com)
Par Justine Bouchard-Girard
Une étude mise en lumière par La Presse, mardi matin, révèle que près d’un cégépien sur deux souffre d’insécurité alimentaire. Les experts mettent l’accent sur le fait qu’assister à ses cours le ventre vide est un frein à la réussite scolaire.
Près de 44 % des étudiants au cégep sont en situation d’insécurité alimentaire, selon les résultats de l’étude.
François Régimbald et Éric Richard, deux professeurs de sociologie au cégep du Vieux Montréal, sont les chercheurs derrière l’étude. Ils ont passé deux ans à s’intéresser aux comportements alimentaires des cégépiens.
L’automne dernier, ils ont fait un sondage auprès de 2127 élèves de six cégeps de tailles variées et de régions diverses. Les étudiants ont répondu à un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires des trois mois précédents.
L’insécurité alimentaire: au-delà de la faim
Au-delà du fait d’avoir faim et de se sentir moins énergique, l’insécurité alimentaire a « […] des impacts sur les abandons de cours, sur le rendement académique, sur la difficulté à se concentrer à l’école… C’est documenté », souligne le Dr Régimbal, qui est également président du comité d’éthique de la recherche au cégep du Vieux Montréal.
L’étude des deux experts, comme celle réalisée par le gouvernement concernant la répartition de la faim au Canada, montre que les immigrants de longue date sont « plus susceptibles d’avoir une expérience de la faim que les personnes nées au Canada ».
Puisque l’insécurité alimentaire ne se manifeste pas de la même façon en fonction des groupes, les chercheurs souhaitent avoir des solutions adaptées à chacun d’entre eux.
Courir après le temps
Le Dr Régimbal souligne le fait que plusieurs jeunes du cégep n’ont pas le temps de manger. Ils sont désorganisés, en raison du passage du secondaire au cégep, qui est plutôt complexe.
Lors de leur étude, les chercheurs ont constaté que 21 % des repas étaient sautés par les élèves par manque de temps.
« À cet âge, tu développes des comportements qui vont peut-être te suivre longtemps par la suite. On a une responsabilité collective de bien les accompagner, ces jeunes », dit Éric Richard.
L’initiative de Dawson
Le collège Dawson, un cégep anglophone, situé à Montréal, lutte à sa façon contre l’insécurité alimentaire.
Des repas gratuits sont distribués aux étudiants deux midis par semaine depuis quelques années. La seule condition pour avoir le droit à un repas à 0 $ est d’apporter un plat réutilisable.
« Certains étudiants n’ont pas les moyens de cuisiner, d’autres n’ont pas le temps. Ce service leur sauve la vie, littéralement », mentionne le chef cuisinier Jamal Spence, qui participe à cette initiative.
Olivier Lamoureux, le responsable du service à l’Association étudiante de Dawson, constate que le nombre de repas servis ne cesse d’augmenter.
D’ailleurs, selon un sondage Léger, 17 % des cégépiens ont eu recours à une aide alimentaire sur les campus. Le sondage met aussi de l’avant que, même avec un prêt étudiant, certains élèves vivent de l’insécurité alimentaire. Ainsi, personne n’est à l’abri.
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