Société

Un sermon à emporter, s’il vous plait!

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société


Qui aurait pensé que le décor d’une église soit constitué de bancs en cuir, d’un panneau d’affichage et d’un pare-brise? Le documentaire Drive-In Jesus de Lauren DeFilippo amène le public à travers la réalité d’individus participant à une messe dans le confort de leur véhicule.


Chanya Sedion


« Au départ, l’idée d’être assise dans une voiture pendant une messe me semblait étrange », explique la réalisatrice Lauren DeFilippo. Drive-In Jesus : Worship From Your Car at Daytona Bay Church, son court film tourné dans sa Floride natale, documente cette pratique.


Un pasteur parle devant des rangées de voitures où sont assis des individus l’écoutant comme un film dans un ciné-parc. Un micro devant lui, c’est devant des caisses de métal qu’il sermonne les pratiquants sur le nettoyage spirituel et la place que prennent les technologies dans nos vies. Une pointe d’ironie que remarque la réalisatrice.


« On est tous assis, isolés dans nos propres expériences […] se demandant pourquoi on a de la difficulté à se connecter avec notre monde et les gens autour de nous. »
Pourtant, cette démarche cherche à permettre à plus de gens de se « connecter ».


Une démarche avant tout humaine


Le concept de messe en voiture apparaît dans les années 50. L’un de ces objectifs était d’encourager les fidèles hésitants à se rendre à la messe à le faire. Cela est toujours applicable aujourd’hui.

Un homme joue avec son chat tout en déposant sa dîme dans le panier de quête. Il est l’un des exemples de l’utilité de ce type d’église. « Peu importe leur raison, ces gens recherchent tous une forme de confort et de force d’une façon ou d’une autre », explique la réalisatrice. Des gens qui veulent assister à la messe avec leur chien ou leur chat. Qui sont malades ou blessés. Qui veulent être tranquilles pendant un processus de deuil.


D’autres façons de faire


Bien que la religion occupe une place importante dans la société américaine, elle est en déclin. Beaucoup d’individus se considèrent catholiques, mais seulement environ 20% se rendent à l’église tous les dimanches.

Une nouvelle venue fait son apparition: la messe en ligne. Selon le Pew Research Center, 27% des Américains et des Américaines disent écouter des services religieux sur leur écran. Ces derniers permettent aux personnes d’accéder aux services peu importe leur situation, au même titre que les services en voiture.


Depuis la pandémie, le nombre de messes en ligne et en voiture ne fait qu’augmenter. Le documentaire de Lauren DeFilippo permet d’avoir une idée plus claire d’un de ces phénomènes.

Les voitures se mettent en file pour se diriger vers la sortie. Comme dans un vrai drive-in, elles partent après avoir récupéré ce dont elles avaient besoin.

Drive-In Jesus: Lorsque Jésus prend le volant

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

Dans le documentaire Drive-In Jesus, des membres de la communauté de Daytona Beach en Floride assistent à une messe depuis leurs voitures sous les palmiers et les rayons de soleil. 

Par Romy Clermont

Le révérend Robert-Kemp Baird dirige une messe qui est loin d’être ordinaire. Il ne s’adresse pas à des fidèles assis sur des bancs d’églises, mais plutôt à quelques dizaines de voitures garées sur une étendue de gazon. Assis dans leurs voitures, des Floridiens affrontent la chaleur et l’humidité pour écouter attentivement la messe à travers les hauts-parleurs de leur radio. 

Du sermon à la communion, le documentaire Drive-In Jesus, présente le déroulement de cette messe non conventionnelle qui se déroule dans un calme qui semble apaiser ceux qui y assistent.

Une église accessible

Des voitures à la queue-leu-leu entrent dans l’église en plein air. Avant de se garer, un employé distribue aux fidèles du pain et du vin, la chaire et le sang du Christ, dans des petits contenants de plastiques. 

« Au départ, l’idée d’aller à l’église dans sa voiture me paraîssait folle », écrit la réalisatrice du documentaire, Lauren De Felippo, dans le New York Times. Cependant, elle ajoute qu’en assistant aux messes et en apprenant à connaître les membres de la congrégation, sa perspective de ces messes s’est transformée.

Que ce soit pour son accessibilité, la possibilité d’assister à la messe avec ses animaux de compagnies ou la possibilité de pouvoir vivre son deuil dans l’intimité de sa voiture, chacun a une raison d’aller à une église en plein air.

Un sermon poignant

Dans une voiture, deux jeunes hommes écoutent le sermon du révérend la fenêtre ouverte. Le conducteur, dont les yeux sont cachés avec des lunettes de soleil, semble ému.

« J’ai filmé à l’église pendant trois dimanches […] Le troisième dimanche le pasteur a prononcé une homélie qui a raisonnée profondément avec moi sur la nature insidieuse de la technologie et de la division qu’elle crée entre nous», affirme Lauren De Felippo

En réalisant Drive-In Jesus et en écoutant ce sermon, la réalisatrice a réalisé que les pratiquants étaient tous isolés dans leur voiture et leur expérience. C’est au cœur de cet isolement que plusieurs se demandent pourquoi ils ont de la difficulté à créer des liens avec les personnes qui les entourent.

Lauren De Felippo considère qu’elle est complice de cet isolement. Tout au long du documentaire, le public observe à travers la caméra les personnes assistant à cette messe. « Je les filmais en tentant de créer un film sur l’expérience humaine, mais je me cachais derrière ma caméra observationnelle », avoue-t-elle.

Une société Chrétienne

Le documentaire Drive-In Jesus, illustre la société américaine pieuse. Malgré que les États-Unis s’affichent comme étant une démocratie laïque, la religion chrétienne est profondément ancrée dans la réalité américaine.

Selon l’Observatoire international du Religieux, 70% des américains s’identifient comme chrétien. Bien que la spiritualité chrétienne ait des influences positives sur le bien-être des pratiquants, elle influence la politique américaine. 

Par exemple, le président américain Donald Trump a réussi à gagner le vote de plusieurs groupes chrétiens, notamment les Évangéliques. En promettant d’adhérer aux valeurs chrétiennes et en tentant d’interdire l’avortement et le mariage homosexuel, le politicien républicain a gagné la confiance de beaucoup de communautés chrétiennes.

La messe servie au volant en Floride: un paradoxe plus humain qu’on le pense

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

Au pays des oranges et des crocodiles, on peut assister à la messe comme on assiste à un film au Ciné parc, c’est-à-dire dans le confort de son automobile climatisée. Mais les motivations derrière cette pratique sont plus humaines que certains peuvent penser et c’est ce qu’a montré la réalisatrice Lauren Defilippo dans son documentaire Drive-In Jesus: Worship From Your Car At Daytona Beach.  

Par Eve Bernier 

En écoutant ce documentaire, il peut être difficile de ne pas porter de jugement lorsqu’on aperçoit les gros plans sur l’intérieur des véhicules confortables, les gens de tous genres qui écoutent la messe à leur aise et le pasteur qui distribue le corps du Christ en voiturette de golf entre les rangées d’autos stationné sur le vaste terrain gazonné de l’église. 

Tout semble transpirer la paresse. « Certains disent que c’est le cliché de “ l’homme de Floride ” », reconnaît Lauren Defilippo dans son entrevue accordée au New-York Times concernant sa réalisation. En réalité, ce documentaire met en relation l’importance de la religion aux États-Unis et les habitudes modernes d’un citoyen domestiqué par le capitalisme, relation qui s’avère bénéfique dans plusieurs cas. 

Une pratique à l’allure trompeuse 

Sans narration, Mme Defilippo illustre plusieurs cas de figure qui témoignent de l’importance de cette église de type « service-au-volant » pour la population. Que ce soit pour l’accessibilité, pour la solitude en temps de deuil, ou encore pour être accompagné de leur animal de compagnie, elle soutient « avoir constaté que la majorité d’entre eux avaient des raisons particulières d’assister à la messe sous cette forme ». 

Elle compare la dualité qu’elle éprouve quant à l’État de la Floride, là où elle a habité un temps, et l’essence de la Drive-In Christian Church de Daytona Beach: « Tout comme mes sentiments pour mon État natal, ce film est comme un souque à la corde entre l’apparence absurde de cette pratique et l’humanité qu’elle contient réellement.»

Une image vaut mille mots  

Deux jeunes hommes arrivent en voiture sur le site de l’église après avoir attendu en ligne pour entrer. Un responsable de la guérite leur remet une trousse comprenant tout ce dont ils auront besoin pour la cérémonie. L’un d’eux se connecte au 88.5 FM, le poste de radio qui diffuse la messe en direct. 

Plus tard dans le documentaire, la caméra s’arrête sur un homme et son chat. D’un air heureux, il joue avec l’animal qui se trouve sur le siège du passager. Les fenêtres de la voiture sont ouvertes et il semble apprécier la possibilité d’amener avec lui son compagnon. 

Vers la fin, un plan général de l’église, qui porte la croix penchée, accompagné d’une trame sonore dans laquelle on entend la fin de la messe, « Amen » à l’unisson, suivi d’une multitude de klaxons de voiture en guise de remerciement.  

 Une tradition qui se perpétue    

Le site de l’église Drive-In Christian Church indique que la messe en auto est une pratique qui remonte à 1953. Sur ce même site, on apprend également que la raison pour laquelle la croix est penché est en fait pour représenter la manière dont Jésus portait la croix. 

Selon une étude de Pew Research Center, le taux d’adhésion à la religion du christianisme a baissé d’environ 7.8 % aux États-Unis entre 2007 et 2014. Pourtant, l’église de Daytona Beach reste en santé depuis son ouverture.  

https://www.pewresearch.org/religion/2015/05/12/americas-changing-religious-landscape

Amen! klaxonnent les Américains à l’unisson.

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société


Le documentaire de Lauren DeFilippo montre les floridiens, isolés dans leur véhicule afin de se rassembler pour la messe dans sur le gazon devant l’église à Daytona Beach.

Ce documentaire, publié par le New York Times, dessine un portrait unique de l’importance de la religion aux États-Unis. « Être assis dans une voiture pour aller à l’église m’a semblé étrange », mentionne Lauren DeFilippo dans un article qu’elle a écrit afin d’accompagner le documentaire. Au départ, les images montrent les voitures qui entrent sur le terrain, recevant un pot qui semble être du vin. Une quarantaine de voitures séparée sur un vaste terrain allument le même poste de radio. Ils écoutent le prête au microphone perché sur le balcon de l’église, vêtu d’un simple chandail rouge.


Déclin générationnel, majorité toujours croyante

La religion aux États-Unis a perdu peu d’ampleur : en 2007, 92% des Américains croyaient à dieu et en 2014, c’était 89%, selon les études du Pew Research Center . En effet, la catégorie de ceux qui ne croient à rien est une minorité grandissante par la vague de la génération Y. Ceux-ci soutiennent majoritairement le parti démocratique, qui est composé à 37% de personnes non religieuses ou 3/10. Chez les républicains, il y a seulement 18% des personnes qui ne s’identifient à aucune religion. Les changements de société amènent des changements de croyances : les milléniaux se retournent vers la pensée individuelle et abandonnent les valeurs traditionnelles. Par exemple, plusieurs jeunes critiquent l’apparition du drapeau associé à la Confédération sur le kart de golf dans le documentaire. Certaines personnes croient qu’il est associé à la glorification de la guerre et d’autres à la suprématie blanche.


La société floridienne critiquée
« Ce film est un mélange d’absurdité visible en surface et de l’humanité cachée en profondeur » mentionne la productrice à la fin de son article. Les croyants soutiennent le mouvement, mentionnant qu’il n’a pas de lieux pour adorer Dieu. Cependant, les commentaires sous la vidéo moquent la pratique disant que « ces Américains n’aiment pas assez Dieu pour sortir de leur voiture » et qu’il y a « un sérieux problème dans la société ». Le prête soulève des questions sur la malveillance de la technologie, qui sépare la population. Ce que les internautes trouvent absurde, c’est que pendant ce temps, chaque personne est dans son véhicule respectif. Selon la productrice du film, cette situation représente la difficulté des humains à se rassembler dans un monde où l’individualisme grimpe en flèche. Les propos du prête reflètent une réalité qui est prouvée par la présence même des voitures.


Accessible à tous
Écrasés dans leur voiture, il est facile de juger ces Américains qui semblent s’isoler au lieu de se rassembler dans le but glorifier Dieu. Un individu, qui cajole son chat affectueusement, montre l’aspect pratique à la messe «au service au volant ». L’espace privé permet aux usagers de rester dans leur zone de confort à l’air climatisé ou d’apprécier la chaleur, dans leur voiture décapotable. C’est également pratique pour les personnes âgées ou les personnes à mobilité réduite, puisque c’est accessible. La religion, qui autrefois les rassemblait presque tous, semble maintenant séparer la nation américaine.

Drive-In Jesus: Louer Dieu dans le confort de sa voiture

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

Maika Thomson

Être assis dans sa voiture pour aller à l’église est une idée qui pourrait sembler absurde pour plusieurs. Pourtant, c’est ce que font les habitués de la Daytona Beach Drive In, en Floride. Dans son documentaire qui met en vedette cette église et ses chrétiens, la réalisatrice Lauren Defilippo a voulu montrer la complexité de la Floride, son lieu de naissance.

Lorsqu’on pense à la Floride, les sandales flip flop, les mauvais tatouages et les femmes à la peau d’alligator viennent en tête. C’est cette stigmatisation autour de la Floride qui a poussé la réalisatrice, native de l’État américain, à faire un documentaire. Son but? Dépeindre le côté complexe et attachant de la Floride. C’est en conduisant qu’elle a découvert la Daytona Beach Drive In, une église qui offre des services religieux aux gens du confort de leur voiture depuis 1993. « Au début, l’idée d’être assis dans sa voiture pour aller à l’église me semblait absurde. Qu’est-ce qui pourrait être plus vide de spiritualité et de connexion humaine qu’aller à l’église dans […] sa voiture? », raconte Defilippo dans une entrevue pour le New York Times.

Au delà du jugement

La religion aux États-Unis est un grand morceau de la société et dans la vie des Américains encore aujourd’hui. Malgré la hausse des différentes affiliations religieuses et de ceux qui s’identifient comme non religieux, le christianisme reste tout de même la religion dominante. En 2025, près de 65 % d’adultes s’identifient comme chrétiens. Tous types de personnes avec des besoins et envies différents vont à l’église aux États-Unis.

Des églises comme celle présentée dans le documentaire sont donc pratiques pour plusieurs. C’est ce que la réalisatrice a réalisé en allant aux services : « Peu importe leur raison, ils cherchaient tous du réconfort et de la force d’une façon ou d’une autre », explique-t-elle.

La place de l’âge

En allant à l’église trois dimanche, Defilippo a vu et filmé beaucoup de personnes qui écoutaient le pasteur depuis leur voiture. Dans le documentaire, certaines images évoquent le confort et l’intimité d’une maison. Une femme avec son chien et un homme qui caresse son chat dans leur voiture respective. Un couple qui écoute le service ensemble avec enthousiasme. Ou encore, une femme seule dans son véhicule qui prend sa médication. Toutes des personnes plus âgées.

Aux États-Unis, la tranche d’âge la plus religieuse est celle des 65 ans et plus, suivie de très près par les 50-64 ans. La vie devient plus difficile, compliquée ou monotone pour toutes sortes de raisons avec le vieillissement. Pour plusieurs, écouter son service religieux le dimanche dans son véhicule est un petit plaisir ou, tout simplement, l’idéal.

Le côté humain

Les débats sur la place de la religion aux États-Unis ne cessent. Malgré la place qu’elle occupe déjà dans leurs vies, les citoyens américains se posent des questions sur la place de la religion dans la politique et dans le gouvernement.

Le documentaire, disponible gratuitement sur YouTube, rappelle que derrière la stigmatisation non seulement de la Floride, mais aussi de la religion, il y a avant tout des humains. « Tout comme mes sentiments à propos de mon lieu de naissance, ce film est un push and pull entre l’absurdité apparente sur la surface et l’humanité qui s’y cache en dessous », exprime la réalisatrice américaine.

« Bonjour, je vais vous prendre un trio Jésus »

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

Depuis 1953 les résidents de Daytona Beach peuvent aller à la messe comme on va au Ciné-Parc ou au McDonald et y vivre les mêmes rituels qu’à l’Église…derrière leur volant. Le documentaire du New York Times, Drive-In Jesus: Worship From Your Car At Daytona Beach Church expose la Drive-in Christian Church qui permet de se rassembler à distance pour prier.

Par Samuel Lacasse

Cet événement se démarque comme le fait par exemple le gospel où les cérémonies sont animées de manière plus dynamique par un preacher qui combine passages de la bible et réflexions spirituelles livrées avec enthousiasme. La musique dans ce parc cléricale pour automobile occupe également une place prenante. Loin d’un chœur de chanteuses enflammées, l’ambiance est quand même présente, mais propulsée par une radio sur des interphones qui résonnent en échos.

L’assistance qu’épie le documentaire semble en phase avec l’environnement plus intimiste de cette Église chrétienne à ciel ouvert. Tous, sont confortablement installées. Certain avec leurs animaux puis d’autres en famille, mais jamais véritablement, seuls avec leurs prières.

Apparences trompeuses ?

Au Québec, l’image typique ou plutôt stéréotypée de la Floride nous ramène aux fameux Snow birds, ces retraités qui par centaines désertent le froid de nos hivers pour se griller l’épiderme en gougounes devant leur roulotte. L’existence d’une forme de diaspora y est maintenant bien connue. Le Snow bird ne semble donc pas s’éloigner beaucoup de la description caricaturale du Floridien moyen : « La Floride est un endroit bizarre pleine de sandales qui claquent, de vieilles dames à la peau d’alligator mal tatouée, mais quand les gens s’en moquent, je ne peux m’empêcher d’être sur la défensive » s’est surpris la réalisatrice du projet, Lauren Defilippo.

En virée avec Dieu

Malgré tout, la population floridienne est très pieuse, chrétienne et conservatrice. Une contradiction qu’on s’explique moins que celle qui pousse cet état à élire aussi fermement l’être controversé qu’est Donald Trump. « Qu’est-ce qui est plus dénué de spiritualité et de connexion humaine que d’aller dans l’église la plus aliénante que l’Amérique est inventée, votre voiture ? » s’explique mal la réalisatrice.

L’Église au volant prend place depuis plus de 75 ans dans la communauté de Daytona Beach. Ignorant la longévité du projet, on peut penser aux premiers abords qu’il s’agit d’une alternative aux rassemblements en temps de pandémie ou bien une distanciation nécessaire en temps de division sociopolitiques marqués dans le monde et tout particulièrement chez les Américains.

Symptôme d’une société

 La tradition qui perdure est révélatrice d’une tendance de la dernière décennie qu’on les Américains à creuser un fossé entre leurs opinions et leur manière de communiquer.  Seulement, le drive-in Christian Church est surtout un safe space pour nombre de croyants: « j’ai réalisé que certains d’entre-deux ont des motivations très personnelles pour assister à une Église comme celle-là »,  

Division ou non, les gens ont parfois besoin de solitude pour faire face aux épreuves qu’ils vivent ou bien doivent y voir un confessionnal plus personnel, mais moins claustrophobique et méprisant en étant jugé directement part le regard de dieu sous un ciel sommes tout ensoleillé.

Lien du documentaire :https://www.youtube.com/watch?reload=9&time_continue=1&v=owazie9ZNBs&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fena01.uqam.ca%2F&embeds_referring_origin=https%3A%2F%2Fena01.uqam.ca&source_ve_path=Mjg2NjY : « Bonjour, je vais vous prendre un trio Jésus »

Au nom du truck, du Ford et du Saint-Esprit

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

Par Zoé Vachon

Assister à une messe sans quitter sa voiture, c’est possible à Daytona Beach en Floride. Le documentaire Drive-In Jesus du New York Times (https://youtu.be/owazie9ZNBs?si=62-Wr2o8LKEWwiF8 ) s’est intéressé au phénomène.


Le sermon du pasteur résonne dans les habitacles des voitures stationnées dans l’immense rectangle de gazon de la Daytona Beach Drive-In Christian Church. Les gens assis dans leurs véhicules l’écoutent attentivement, le visage grave.

Quand vient le temps de la communion, il n’y a pas de contact humain : les hosties et le vin sont distribués à l’entrée dans un gobelet de plastique jetable.

Des klaxons répondent au dernier amen qui clôt le sermon, puis une voiturette de golf zigzague entre les voitures pour récolter la dîme.

Aliénation

La religion a pour fonction, traditionnellement, de rassembler une communauté. Pourtant, à la Daytona Beach Drive-In Christian Church, tous restent dans leur voiture.

« De plusieurs façons, nous sommes tous assis, isolés dans nos propres expériences individuelles, les fenêtres fermées et l’air climatisé à fond, à se demander pourquoi nous peinons à tisser des liens avec notre monde et les gens qui nous entourent », explique la réalisatrice du documentaire Lauren DeFilippo en entrevue au New York Times.

« Qu’est-ce qui pourrait être plus dépouillé de spiritualité et de connexion humaine que d’aller à l’église enfermé dans l’invention américaine la plus aliénante, sa voiture ? » s’est-elle demandé.

Service au volant


Le concept des églises « service au volant » a connu une renaissance pendant la pandémie de COVID-19. Les mesures sanitaires limitaient la possibilité de se rassembler en grands groupes.
L’idée n’est pas entièrement nouvelle : la Daytona Beach Drive-In Christian Church existe depuis 1953. Alors pourquoi certains assistent-ils à ces messes en voiture ? Pour Lauren DeFilippo, les explications ne manquent pas.


« Certains étaient affaiblis par la maladie et profitaient de l’accessibilité de l’endroit. D’autres avaient perdu un être cher et souhaitaient faire leur deuil en privé. Quelques-uns voulaient tout simplement assister à la messe avec leurs animaux de compagnie. Peu importe la raison, tous recherchaient du réconfort et de la force, peu importe sous quelle forme », dit-elle.


Que Dieu bénisse l’Amérique


La religion aux États-Unis a connu une vaste évolution depuis les années 70, où 90% des Américains se disaient chrétiens selon le Pew Research Center (https://www.pewresearch.org/short-reads/2024/04/30/voters-views-of-trump-and-biden-differ-sharply-by-religion/). Ce chiffre est maintenant de 63% dans la dernière décennie.

Malgré ce déclin, la religion joue encore un rôle important dans la société américaine et dans la politique du pays.

69% des Américains n’ayant pas d’appartenance religieuse appuyaient le président sortant Joe Biden lorsqu’il était encore dans la course. Le président américain Donald Trump a profité de l’appui d’une majorité de la population chrétienne aux élections de 2024. Il a courtisé la branche religieuse de son électorat lors de sa dernière campagne.

« Dans quatre ans, vous n’aurez plus à voter », avait-il déclaré en juillet 2024 dans un événement de campagne s’adressant à la population chrétienne. « J’aime les chrétiens. Je suis chrétien. Vous devez aller voter ».

https://www.nbcnews.com/news/us-news/churches-offer-drive-services-coronavirus-forces-social-distancing-n1170896
https://www.reuters.com/world/us/trump-tells-christians-they-wont-have-vote-after-this-election-2024-07-27

Drive-In Jesus : quand l’église se déplace dehors

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

Par Félix Rousseau-Giguère

« Est-ce qu’il y a quelque chose de moins spirituel que d’aller à l’Église enfermé dans la plus aliénante des inventions américaines, la voiture ? », se demande la réalisatrice Lauren DeFilippo dans un texte du New York Times. Telle est la question qui l’a menée à réaliser son court-métrage documentaire Drive-In Jesus, disponible sur YouTube.

C’est en roulant sur l’autoroute depuis la maison de ses parents en Floride, que Lauren DeFelippo est tombée sur la Daytona Beach Drive-In Christian Church, une église façon ciné-parc où les gens viennent stationner leurs autos sur un grand terrain pour écouter la messe à même leur habitacle de voiture.

Des motivations insoupçonnées

« Il fallait que j’aille à un service », s’est dit la cinéaste en voyant l’église de type service au volant. Après plusieurs moments passés avec ces croyants en voiture, son jugement face à cet endroit s’est mis à changer. « J’ai réalisé que plusieurs de ces gens avaient des motivations réelles pour venir dans une église comme celle-ci. Certains étaient affaiblis par la maladie et trouvaient que l’accès facile au service était un atout », enchaîne-t-elle dans son texte.

Une plongée dans la réalité des drive-in

Drive-In Jesus brosse le portrait d’une messe à l’église de Daytona Beach. Tout au long des 9 minutes 23 secondes que durent le documentaire, on assiste aux différents moments qui ponctuent le service particulier que reçoivent les fidèles présents.

Le film démarre avec l’arrivée des chrétiens à l’église. Tour à tour, les voitures entrent sur le site et un employé de l’église remet à chaque personne par véhicule un morceau d’hostie et un petit contenant de vin de messe.

Quelque temps après, la messe débute. Le prêtre parle à ses fidèles, leur lit un psaume ainsi que son homélie. Son discours est diffusé à travers une chaîne de radio que chaque voiture dans l’audience syntonise. Plusieurs plans de différents fidèles à l’écoute du prêtre sont montrés : une femme en décapotable accompagnée d’un gros chien noir, un couple âgé dans une minifourgonnette, un homme portant un chapeau de cow-boy.

À la fin du service, qui équivaut à la fin du film, un homme se déplace entre les voitures sur une voiturette de golf pour ramasser les dons en argent des gens. Dans un moment bien précis du court-métrage, l’homme, muni de son petit sac en velours vert, s’approche de la fenêtre d’un fidèle qui est dans son auto, accompagné de son chat sur le siège du passager.

Un peu d’histoire

Les églises au volant (drive-in churches), comme celle de Daytona Beach, ne datent pas d’hier. Le magazine Time raconte que la pratique a été popularisée par le Révérend Robert Schuller dans la ville de Garden Grove en Californie dans les années 1950.

Elle ne s’est pas répandue massivement à cause du coût élevé de terres immobilières que ça nécessite, note le magazine The Banner.

Les Américains ne sont peut-être pas nombreux à pratiquer la religion dans leurs voitures, mais ils sont beaucoup à en faire la pratique en général. Selon Voyageurs du Monde, « les États-Unis comptent 56% de protestants, 28% de catholiques, 2% de juifs et 1,5% de musulmans ».  

À cette époque où la religion est encore si présente chez nos voisins du sud, Drive-In Jesus est un film incontournable.

Une église au volant, symbole de la société américaine

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

Du drapeau confédéré au collant « Obama Biden », de la Cadillac Allante à la Chrysler PT Cruiser, un sermon « drive-thru » semble être le summum de la société de consommation américaine tout en étant un événement qui rassemble toutes les classes sociales.

C’est le thème qu’a choisi d’aborder le New York Times dans un documentaire d’une dizaine de minutes publié sur sa chaîne YouTube. Réalisé par Lauren Defilippo, le court film amène le spectateur dans cet univers étrange pour plusieurs en témoignant de l’importance de la religion aux États-Unis.

Prier seul, en groupe

La Daytona Beach Drive-In Christian Church offre ses services depuis 1953, permettant à tous de venir assister à diverses cérémonies religieuses sans même sortir de leur véhicule. Du vin et des hosties sont distribués à l’entrée, de même que quelques pages de textes pour suivre les paroles du prêtre, qui, à l’aide d’un micro, sont diffusées sur les ondes radio.

Pendant que les voitures tournent au ralenti, fenêtres ouvertes et air climatisé au tapis, les fidèles suivent la cérémonie, certains accompagnés de leur animal de compagnie. Il y a autant de jeunes que de vieux, de toutes classes sociales et idéologies politiques. À la fin de la cérémonie, c’est un homme au volant d’un kart de golf qui vient recueillir les petits gobelets vides en plastique à la fenêtre de chaque voiture.

« Peu importe la raison, tous recherchent un certain confort, de la force, d’une façon ou d’une autre », précise Mme Defilippo dans son texte accompagnant le documentaire. Elle ajoute : « Certains étaient affaiblis par la maladie, d’autres percevaient l’accessibilité de la chose comme un avantage. Certains voulaient un peu d’intimité pendant qu’ils pleuraient la mort d’un proche ».

Une Église nouvelle

Pour Lauren Defilippo, le tout est plutôt contradictoire: « Qu’est-ce qui pourrait être plus vide de spiritualité et de connexion humaine qu’aller à l’Église, isolé dans l’une des inventions américaines les plus aliénantes; la voiture? ». 

Le principe d’une église au volant est d’ailleurs en complète opposition au discours du prêtre, qui dénonce le surplus de technologie dans nos vies, qui, selon lui, nous déconnecte de la réalité. Il faut croire que, malgré son message, l’Église est aussi tombée dans le panneau.

Après tout, plus de 60% des états-uniens sont chrétiens, selon le Pew Research Center. Au Congrès, ce chiffre grimpe à 87%. Il est peu réaliste de croire que plus de 200 millions de personnes se sont limitées à vivre une vie dépourvue de technologie.

La société de consommation au centre du religieux

Cette église à Daytona Beach n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Selon le livre Religions as brands? Religion and spirituality in consumer society, écrit par deux chercheurs en science des religions à l’Université de Lausanne, « les religions et spiritualités prennent parfois la forme de produits ou de marques ». Parmi les meilleurs exemples chrétiens: les mégaéglises, les télé-évangélistes ou encore les sites web religieux.

La chrétienté aux États-Unis serait-elle devenue un simple « business », ou s’est-elle réellement adaptée aux méthodes modernes? La ligne est fine, et depuis longtemps.

Justin Heendrickxen-Cloutier

«Amen» au klaxon

4 février 2025 - Par - Catégorie : Société

À bord de leur voiture, tous les dimanches dans un terrain vague, plusieurs se tournent vers une forme alternative de la messe. Un documentaire de Lauren DeFilippo illustre une «drive-in» église à Daytona Beach en Floride.

À première vue, le concept peut paraitre étrange et “deranged”, le documentaire démontre les multiples aspects de cette messe, pouvant possiblement défaire des perceptions. Vivant tous des réalités différentes, ils ont des raisons variées d’y être, mais tous avec l’envie de rester connecté avec leur chrétienté.  Ce qui fait un parallèle avec le sentiment de la réalisatrice que «sa vision à propos de l’endroit étrange a commencé à changer» après avoir assisté à trois dimanche.

Derrière les stéréotypes

Originaire de la région, Lauren DeFilippo vient défendre cet État qu’elle juge un «monde mélangé et sensible, une jungle indomptable et d’une inhérente complexité». La réalisatrice avait elle-même ses jugements préconçus, par circonstances elle est de retour en Floride et voulait faire un documentaire sur l’idiosyncrasy.

Les palmiers entourant le paysage, les lunettes de soleil, les chemises d’été, les décapotables ancrent la messe dans les stéréotypes de la Floride. Toutefois, c’est là que s’arrêtent les clichés, la prière rassemble cette communauté comme une autre. Chacun suit la messe de leur véhicule, avec le pain et le vin cérémonial portant attention aux mots prononcés par le prêtre, jusqu’au «Amen» où ils klaxonnent, puis partent.

Une quête au-delà de la religion

Tout au long de la vidéo, on voit des animaux de compagnies qui en accompagnent certains dans leur véhicule, d’autres sont à mobilité réduite. Ceci remonte directement l’idée que, pour «quelconque raison, ils cherchaient tous une forme de confort et de force sous une forme ou une autre».

Dans un retour en entrevue au New York Times, Lauren DeFilippo établi que, pour elle, ce phénomène est représentatif d’un «microcosme de ce que chacun lutte tous les jours : tenter de connecter avec l’un et l’autre et notre environnement malgré l’augmentation de notre isolation alimentée par la technologie». Elle y détache la religion, qui reste centrale, mais voit un sentiment qui va au-delà, une quête de communauté.

Le prêtre dicte la prière «nos cœurs remplis de gratitude pour notre Dieu […] dans notre présence en observant autour et voici la création» suivie des multiples véhicules distancés de plusieurs mètres sur le gazon en face de lui. La réalisatrice vient imager et confronter son propre biais dans son questionnement initial «qu’est-ce qui pourrait être plus vide de spiritualité et connexion humaine que d’aller à l’église enfermée dans l’invention américaine la plus aliénante, ta voiture?».

La religion est intercalée dans plusieurs sphères aux États-Unis, il est difficile d’y voir une facette de la vie qui n’est pas impactée. La messe du dimanche est observée chaque semaine par une minorité d’Américains, mais elle offre une vie de communauté facile d’accès pour plusieurs qui se retrouvent seuls.

État et religion

L’importance de la bible dans plusieurs régions est une des raisons que la vie familiale est autant présente encore aujourd’hui. Ceci vient toucher la taille des familles, mais également l’importance accordée à l’avortement. La religion vient modeler de façons subséquentes le monde politique.

Dans les grands points des campagnes électorales américaines se trouve inévitablement la question du droit à l’avortement. La religion vient dépasser l’importance des droits des femmes à plusieurs reprises lors des élections. Certains vont parfois ignorer tout aspect d’un candidat, votant uniquement pour cette ligne de parti.

Gabrielle Martineau