Mickey-17 : un film qui touche à tout sans répondre à rien  

25 mars 2025 - Par - Catégorie : culture

Critique

Laurent larose

Réalisé par Bong Joonh-ho, vainqueur de trois oscars pour le film Parasite en 2020, il revient en anglais pour son huitième long métrage sortit en salle le 5 mars 2025, Mickey 17.

Résumé

Une comédie noire de science-fiction se déroulant dans le futur, mettant en scène Robert Pattinson dans le rôle de Mickey Barnes. Ce dernier souhaite fuir la Terre avec son ami après avoir accumulé des dettes avec des bandits. Pour partir le plus vite possible, Mickey 17 accepte le rôle de « consommable », un poste où il est chargé des missions les plus dangereuses, avec la possibilité d’être régénéré à chaque décès grâce à une imprimante de clonage, une technologie interdite sur Terre.

Son nouvel employeur, Kenneth Marshall (interprété par Mark Ruffalo), est un milliardaire égoïste et imbu de lui-même, un portrait craché de Donald Trump et Elon Musk. Mickey 17 sera sacrifié comme un rat de laboratoire afin de tester de nouveaux vaccins et des armes chimiques. Mourir n’est pas un problème, car il est cloné dans les 24 heures par une imprimante 3D qui permet de conserver ses souvenirs.

Après une mission ratée, Mickey est convaincu qu’il va mourir de froid. Les scientifiques, pensant qu’il est mort, décident d’en imprimer un autre. Deux Mickey se retrouvent dans la même chambre. La tension monte, car la présence simultanée de multiples clones est interdite, et la mort des deux est assurée s’ils sont remarqués.

Mickey « a amassé 19,1 millions de dollars de recettes, selon Exhibitor Relations…  Le film ayant coûté 118 millions de dollars à faire, selon la presse spécialisée. »

Critique

Une idée originale qui n’a pas abouti. Bong Joon-ho tente d’explorer trop de thèmes à la fois, comme l’identité, l’éthique du clonage, les implications morales de la colonisation spatiale et la valeur de la vie humaine, tout en y intégrant des éléments politiques et sociaux comme les inégalités entre riches et pauvres. Des sujets intéressants, mais qui manquent de profondeur, laissant un sentiment d’insatisfaction à la fin du film.

L’écriture paraît simpliste, et le discours contre le pouvoir autoritaire semble inabouti. La réflexion sur les autochtones de la planète face aux nouveaux arrivants se limite à une interprétation naïve : « Ne tuons pas ces animaux, ce n’est pas gentil. » Ce thème, pourtant prometteur, est malheureusement traité à travers des scènes mal écrites, des séquences inutiles et des passages trop longs.

Pour plusieurs critiques, « le jeu de Robert Pattinson n’est pas convaincant, à commencer par l’accent nasillard qu’il emprunte », selon Marc Cassivi, journaliste et chroniqueur aux pages culturelles.

Cependant, selon moi, Robert Pattinson porte le film. Cet acteur, qui a regagné l’estime du public ces dernières années, prouve une fois de plus qu’il est l’un des meilleurs de sa génération, offrant deux perspectives distinctes et nuancées du personnage de Mickey dans chaque situation.

Réflexion ?

Un film original qui aborde des thèmes intéressants, bien que certains soient mal développés.

Tout de même, grâce au film on se questionne : Mickey est-il responsable de tout ce qui lui arrive, bien qu’il a signé le contrat pour devenir un consommable ? Est-il éthique d’utiliser la vie humaine pour des expériences meurtrières ? La relation complexe du personnage avec la mort est également intrigante ; même s’il peut revenir à la vie, il refuse de mourir. Cela met en évidence le fait que chaque réimpression de Mickey révèle subtilement des changements dans sa personnalité. Le réalisateur relève l’impossibilité de recréer un humain parfaitement identique et chaque Mickey est un individu unique, avec une mémoire connectée à celles des autres itérations.

Versos.TV : Quand les rimes tombent plus vite que la neige

25 mars 2025 - Par - Catégorie : culture

Ce samedi 22 mars 2025, un vent nouveau a soufflé sur la scène rap montréalaise avec le lancement du concept « Vrb – In Situ » par Versos.TV. Près du métro Beaubien, 14 MCs se sont affrontés en un contre un, sous les yeux d’un public conquis. Cette soirée entièrement consacrée au hip-hop représente une étape importante pour cette plateforme, qui vise à devenir la référence en matière de combats de rap à Montréal.

Un tremplin pour la scène locale

Fondée en 2021, Versos.TV est dirigée par Raphaël Oligny, alias ParakOne, et Steve Désira Eugène, alias Dopemor. Leur mission est claire : offrir un espace aux talents du rap québécois. « On veut mettre en avant la diversité de la province et donner une voix à ceux qui n’ont pas toujours la possibilité de s’exprimer », explique ParakOne.

Avec plus de 200 rappeurs passés sur leurs scènes, Versos.TV s’impose comme un véritable tremplin. Pour le rappeur FYLX, « Versos.TV a amplifié les voix de la scène hip-hop montréalaise, offrant une scène propice à l’expression personnelle et à la croissance artistique authentique ».

Une scène rap émergente et résiliente

Si la scène rap québécoise regorge de talents, son principal obstacle reste sa localisation. À plus de 6000 km de la France, difficile pour les artistes de traverser l’Atlantique et de s’imposer dans une scène francophone saturée. Quant à l’expansion vers les États-Unis, la barrière de la langue reste un frein majeur.

Cependant, Versos.TV déjoue les pronostics. Selon l’OBLN (Observatoire du Battle Rap Local et National), son contenu est consommé bien au-delà des frontières du Québec, atteignant l’Europe et l’Afrique. Une réussite qui témoigne de l’attrait croissant pour le rap montréalais.

Une culture urbaine mise en lumière

Versos.TV, ce n’est pas seulement du battle rap. La plateforme propose également des podcasts comme « Sors de ta niche », qui explore des communautés et des passions méconnues. Elle met aussi en avant des vitrines d’artistes, offrant une scène aux talents émergents lors de performances en public.

Pour Inès, une fan assidue, « Versos.TV est le cœur de la culture hip-hop montréalaise ». Une affirmation qui résume bien l’impact de cette plateforme qui ne cesse de croître.

Alors que la scène rap montréalaise continue de lutter pour sa reconnaissance, des initiatives comme celle de Versos.TV prouvent que l’audace et la passion peuvent briser les frontières. Et pour les amateurs de rimes et de « flows » incisifs, « Vrb – In Situ » ne sera certainement pas la dernière soirée à marquer les esprits.

Richardson Zéphir, un nouveau spectacle en cuisine 

25 mars 2025 - Par - Catégorie : culture

L’humoriste Richardson Zéphir est actuellement en tournée au Québec pour le rodage de son prochain spectacle « Punch Créole ». Pour son deuxième spectacle d’humour prévu pour février 2026, l’humoriste Canado-Haïtien, accompagné de Jean-Simon Tessier, mise sur un humour musical et un répertoire de blagues qui rappellent fortement l’internet des années 2010.

« Punch Créole » succèdera à son précédent spectacle « Zéphir », un spectacle qui a pris fin en avril 2022. La pause entre l’arrêt de « Zéphir » et l’écriture de « Punch Créole » aura donc été relativement courte, Richardson Zéphir dira : « Je suis un amoureux de la scène, si je pouvais, je serais tous les jours sur scène », c’est pour cela que l’humoriste a tenu à rapidement reprendre le boulot. 

Un amoureux de la scène, on le voit d’ailleurs très bien. Richardson Zéphir donne à son public une vraie énergie, c’est quand il se sépare de son pied de micro et qu’il bouge librement qu’il est le meilleur. Adepte du comique de gestes, à l’aide d’expressions faciales et grands mouvements, il donne une réelle impression d’aisance et d’occupation de l’espace.

« Ça fait maintenant 17 ans que je fais de l’humour », cette expérience acquise au fil des années se ressent dans son spectacle. L’humoriste sait interagir avec ses spectateurs, il connait son public. Même dans un rodage, synonyme de blague qui ne marche pas toujours, il arrive à rattraper la situation si une blague n’a pas eu l’effet escompté.

 Un goût de déjà vu

Si Richardson Zéphir aime rigoler de son apparence et du fait qu’il ne fait pas son âge, certaines choses tendent à nous le rappeler. L’humoriste de 47 ans qui dit vouloir faire un humour pour les 7 à 77 ans nous offre un spectacle trop fade, l’impression que le « punch » qu’il nous sert est sans alcool. C’est pourtant dans ses blagues les plus piquantes et les plus « trash » que l’humoriste livre ses meilleures performances.

Quand les boissons sans alcool peuvent convenir à tous, manger et boire toujours les mêmes recettes peut vite devenir lassant. Ici, avec des blagues qui ont un goût de déjà vu sur internet, il est difficile de fidéliser les générations qui ont grandi avec. On dit que les goûts musicaux sont générationnels, les musiques qu’écoutent les enfants ne plaisent pas souvent à leurs parents. Cette logique est applicable à l’humour, les blagues, surtout quand elles abordent des sujets, tels que la jeunesse, internet et la société, divisent selon les tranches d’âge.

Un cocktail à travailler 

Un punch c’est une boisson à base de rhum composée d’un mélange de nombreux fruits. D’après l’humoriste, « Punch Créole », c’est un mélange de plusieurs choses. D’abord un mélange d’humour, le comique de geste avec les expressions faciales, le comique de caractères avec des jeux de personnages ou encore le comique de stand-up avec des interactions avec le public. Le comique de caractères qui est très présent dans le spectacle peut toutefois être un peu répétitif. L’humoriste qui utilise souvent une voix modifiée pour faire ses blagues, peut rendre lourd les phases de jeux de personnages qui nécessite également une voix modifiée.

Si « Punch Créole » est un mélange d’humour, c’est aussi un mélange des deux passions de Richardson Zéphir avec le rire et la musique. Pour l’humoriste la voix modifiée sert à renforcer le ton humoristique de la chanson, en revanche, cette manière de chanter donne l’impression qu’il n’ose pas chanter réellement.

Enfin, si le spectacle est un mélange c’est aussi celui de Richardson Zéphir et de Jean-Simon Tessier, son acolyte qui se trouve au piano durant toute la représentation. Jean-Simon Tessier qui est acteur, humoriste et professeur de piano, est un acteur important du spectacle accompagnant les blagues de Richardson Zéphir en musique et en ayant même de très bons segments du spectacle lui appartenant.

Tom Da Costa

Osheaga 2025 : Un été brulant au rythme de Montréal

25 mars 2025 - Par - Catégorie : culture

Des participants lors d’un des derniers festival Osheaga. (Crédit photo : Compte X officiel d’Osheaga ; rousseaufoto (IG) et productionsnovak (IG)

Du 1er au 3 août au Parc Jean-Drapeau, la scène musicale de Montréal sera à son comble avec le retour de ce festival tant attendu.

Depuis le début de son histoire en 2006, l’événement a pris le statut de véritable institution culturelle en rassemblant de nombreux passionnés de musique.

Un line-up percutant

La scène principale accueillera The Killers, dont les chansons comme Mr. Brightside et Somebody Told Me continuent de résonner à travers les enthousiastes de  rock. Le 2 août, ce sera au tour de Tyler, The Creator de rapper devant la foule. Enfin, Olivia Rodrigo, la sensation pop, clôturera le festival avec ses fameux hits comme Vampire et Drivers License.

Bien évidemment, il y va y avoir de la musique pour tous les goûts avec  la présence d’artistes comme Glass Animals, Cage The Elephant, et Doechii. De plus, la scène électronique n’est pas en reste avec Finneas, reconnu pour ses collaborations avec sa sœur Billie Eilish.

Osheaga aide beaucoup à promouvoir la scène locale, pas moins de 21 artistes canadiens viendront se produire cette année sur les différentes scènes de l’événement. Même des artistes émergents comme Rau_Ze, Hologramme et EKKSTACY auront l’opportunité de se produire devant un large public.

Une expérience immersive au cœur de Montréal

Le Parc Jean-Drapeau, situé sur l’Île Sainte-Hélène, n’est pas seulement un site de concert : il incarne l’essence même du festival. Les fans présents sur place sont de véritables amoureux de musique comme le décrète l’article réalisé par William Thériault de La Presse suite à sa conversation avec TALK : J’étais excité durant toute l’année de jouer à Osheaga. […] Les Québécois m’ont donné beaucoup d’amour ces deux dernières années, « ajoute celui qui s’était notamment fait connaître en participant au Festival d’été de Québec en 2022 et l’an dernier. »

D’ailleurs, comme le mentionne l’article du Journal de Montréal, écrit par Félix Desjardins, la foule sur place est vraiment très mixte. « Il y a de la musique, certes, mais aussi un public des plus diversifiés et coloré. C’est d’ailleurs ce qui explique l’attrait d’Osheaga, selon plusieurs festivaliers : les familles, les jeunes et les moins jeunes se côtoient et s’expriment avec des tenues vestimentaires extravagantes. »

Un prix en crescendo

Si Osheaga continue d’attirer un large public, il y a quand même de nombreux habitués qui remettent en question son accessibilité financière. Les passes pour trois jours débutent à 415 $, tandis que les billets journaliers sont disponibles à partir de 175 $ selon leur site internet.

Osheaga 2025 : Entre fête et culture

Il n’y a pas seulement de la bonne musique au courant de cet événement, mais aussi de la bonne bouffe. La présence des Jardins YUL EAT, fait en sorte qu’une multitude de repas et boissons seront disponibles pendant le festival (les coûts des items ne sont pas encore divulgués). Des bols d’açaï, à la pizza napolitaine en passant par la poutine, il y en a pour tous les goûts.

Osheaga, c’est un lieu où se retrouvent des passionnés, des artistes, des créateurs de contenu et des journalistes culturels, tous animés par une énergie commune et vibrante, la musique. L’édition 2025 s’annonce déjà comme un événement mémorable, prêt à renforcer encore davantage le statut d’Osheaga en tant que pilier essentiel de la scène culturelle montréalaise.

La mayonnaise donne des crampes

25 mars 2025 - Par - Catégorie : culture

Le théâtre Espace Libre a présenté Pleurs, une pièce absurde et malaisante, le 18 mars dernier.  La Nouvelle Troupe Expérimentale braque les projecteurs sur sa talentueuse relève théâtrale puis talonne le public de rire.

Par Samuel Lacasse

Le personnel du funérarium Bière-Martin, aux habits fleuris comme du papier peint vintage, reçoit une clientèle plus qu’éclectique. Disciples de Gaïa, Thanatologue des Internet ou même une chamane-mycologue, tous et toutes d’un autre monde. Pleurs est une comédie légère où la commercialisation de la mort et de bien curieuses célébrations se rencontrent.

Un fond de vérité

Sans complètement mettre le pied dans la critique sociale (disons un orteil), la pièce lance quelques flèches subtiles aux créatrices et créateurs de contenu prêts à tout faire pour des clics et obtenir de l’attention.

Les réseaux sociaux, comme la publicité, sont omniprésents et donnent véritablement lieu à des situations absurdes.

Infopublicité grand public

Dans un format « Télé Achats », Mehdi Agnaou, Fabrice Girard, Zoé Boudou, Caroline Somers, Simon Duchesne, Laurence Laprise et Anne-Sarah Charbonneau enchaînent les sketchs commerciaux, généreux en morbidité. Les jeunes artistes profitent de l’occasion pour « lâcher leur fou » et «avoir du fun », comme suggéré au public par Alexis Martin et Daniel Brière, les directeurs du Nouveau Théâtre Expérimental, avant la représentation.

L’esthétique kitsch des metteuses en scène Geneviève Labelle et Mélodie Noël Rousseau de la compagnie Pleurer Dans’ Douche, rappelle celle du réalisateur Wes Anderson, qui cadre parfaitement avec le troisième degré humoristique et les longs silences inconfortables.

Le texte à sept têtes s’intéresse à l’humour de la nouvelle génération et à ce qu’elle hérite des précédentes. La pièce est bourrée de références culturelles anachroniques empreintes de modernité, alors tout le monde peut y trouver son compte.

Tout en formule

La structure cacophonique et chargée de certaines scènes n’offre pas nécessairement la chance au public de tout voir, mais les rires suivent le rythme. Les personnages comptent sur plusieurs filons hilarants pour orienter le public vers le rire assuré.

Pensons notamment à Chantal, la chanteuse du salon funéraire, qui adapte son répertoire à son public d’endeuillés, allant de Fouki à La Compagnie créole. Les moments musicaux d’une cérémonie mortuaire déclenchent généralement un flot de larmes, alors que le rap de Chantal génère une vague de rires dans le public. « On trouvait que c’était très drôle d’aller dans un endroit où on n’est pas censé rire », expliquait Caroline Somers à La Presse.

Tout à l’encontre du décorum d’un salon funéraire, la génération Z se désinhibe et frôle même la nécrophilie. Le chat orphelin de la défunte « matante » Anne flâne à travers toute la pièce et la mayonnaise accumule les placements de produit.

D’ailleurs, tout élément de la pièce peut potentiellement être une mise en scène inusitée de publicité. Les mouchoirs parfumés au « pâté à la viande » en sont le meilleur exemple. Le comique de la situation n’est pas dû qu’à son absurdité. La manière qu’ont les comédiens de repousser les limites de la théâtralité avec des ritournelles chorégraphiées, l’air stoïque, en troupeau comme des “oompa loompa” y est également pour beaucoup.

Faon et Bambi Hors-champ : Du théâtre pour toute la famille

24 mars 2025 - Par - Catégorie : culture

La troupe des pièces de théâtre Faon et Bambi Hors-champ continue sa tournée à travers le Québec. Les deux pièces, réalisées par le metteur en scène Éric Jean, rencontrent un franc succès partout où elles passent. Par Arthur Chouinard


Faon et Bambi sont deux pièces de théâtre présentées successivement dans chaque théâtre dans lesquelles elles sont produites. Elles sont toutes deux jouées sur la même scène, dans les mêmes décors et avec les mêmes acteurs, mais elles s’adressent à deux publics totalement différents.


Faon, présenté en soirée, s’adresse à un public plus mature. La pièce raconte une histoire sombre de violence conjugale dans laquelle une mère fuit un mari violent en laissant malgré elle son fils entre les mains de son bourreau. S’inspirant du conte de Bambi, la pièce présente une chasse haletante dans une forêt sombre où la femme doit à tout prix se cacher de divers dangers pour survivre. La bande sonore qui est un collage d’extraits des plus grands classiques de David Bowie plonge le spectateur dans une ambiance parfois intense et anxiogène et parfois douce et rassurante.

Une pièce qui fait réfléchir les jeunes

Bambi Hors-champ, présentée en après-midi, s’adresse aux jeunes enfants. La pièce est une adaptation rigolote du conte de Bambi. Les deux narrateurs, interprétés par Agathe Lanctot et Sasha Samar se lancent harmonieusement la balle en tentant de raconter l’histoire à leur sauce. Ils brisent régulièrement le quatrième mur, et créent une forte complicité avec le jeune public qui est appelé à réagir au fil de la représentation.


La pièce touche aussi à des sujets plus profonds, comme la survie et le féminisme, des sujets qui sont d’ailleurs au cœur de l’histoire dans la pièce Faon, ce qui permet aux enfants de partager leur expérience avec leurs parents qui ont assistés à la pièce pour adulte.


Mise en scène unique


Réaliser deux pièces différentes sur la même scène dans la même journée était un pari osé pour le metteur en scène Éric Jean. Le décor brillamment imaginé permet aux deux pièces de se développer de manière totalement différente en utilisant les mêmes accessoires. Les projections au mur rendent la pièce Faon particulièrement captivante et immergent le spectateur dans le récit.


50 ans pour le théâtre des 2 mondes


La pièce qui a été présentée en premier au théâtre des 2 mondes était aussi un moyen de célébrer les 50 ans de la compagnie. Le metteur en scène explique que l’idée de réaliser deux spectacles était de créer une pièce qui mettait de l’avant les deux mondes : le théâtre jeunesse et le théâtre pour adulte. « Ça aurait été dommage de fêter les 50 ans sans proposer une pièce pour les jeunes », ajoute-t-il.


« C’est stimulant de jouer deux personnages différents dans la même journée », explique pour sa part la comédienne Agathe Lanctot. « J’adore participer à des projets de théâtre jeunesse et à des projets plus sérieux. Cette tournée, c’est vraiment le meilleur des deux mondes », ajoute-t-elle avec un brin d’humour.


La tournée de Faon et Bambi Hors-champ se poursuit le 1er avril à Mont-Laurier.

Crise des transports en commun : les élus de la couronne Nord veulent reprendre le contrôle

23 mars 2025 - Par - Catégorie : Politique

À l’occasion de la Journée mondiale des transports durables, la Table des préfets et élus de la couronne Nord (TPÉCN) a dévoilé ce 18 mars 2025 un ambitieux plan, l’Agenda Mobilité couronne Nord. Face à une congestion routière croissante et une offre de transport collectif insuffisante, les élus proposent une feuille de route pour doter la région d’un réseau de transport structurant, équitable et durable. 

La couronne Nord fait face à une croissance démographique rapide, avec près de 700 000 résidents attendus d’ici 2040. Cette augmentation de la population s’accompagne d’une pression accrue sur les infrastructures de transport, déjà saturées. La congestion routière coûte cher, tant sur le plan économique qu’environnemental, et l’offre de transport collectif peine à suivre le rythme des besoins. 

Depuis plus de dix ans, études et audits se succèdent sans que des solutions concrètes ne voient le jour. « Un réseau de transport collectif performant est une condition essentielle au développement économique et urbanistique de notre région », a rappelé Laurence Tôth, présidente de la TPÉCN. 

L’Agenda Mobilité couronne Nord se structure autour de trois axes majeurs. 

Tout d’abord, ils souhaitent répondre aux besoins de mobilité croissants le développement d’un réseau de transport collectif sur l’axe Est-Ouest est une priorité. Les élus proposent également la construction de voies réservées sur les axes stratégiques et une augmentation de l’offre de services autour des pôles académiques, industriels et de santé. 

Ensuite, ils souhaitent mettre en place une gouvernance locale via la création d’une instance responsable des transports en commun locaux est envisagée. Cette gouvernance locale permettrait une meilleure implication des municipalités dans les projets structurants. 

Enfin, les élus souhaitent réinvestir les contributions des citoyens de la couronne Nord directement sur leur territoire en confiant aux élus le pouvoir d’allouer les ressources. Ils proposent également de soutenir financièrement les initiatives de transport collectif mises en place par le secteur privé. 

Une mobilisation collective pour des solutions concrètes

En août dernier, la TPÉCN et les cinq municipalités régionales de comté (MRC) de la couronne Nord ont adopté une résolution pressant le gouvernement d’agir. Face au manque d’engagements fermes, les élus ont symboliquement pris un autobus d’exo jusqu’à Québec pour porter leur message à l’Assemblée nationale.

 « Personne n’est mieux placé que les élus locaux pour connaître les besoins de leur territoire », a souligné Laurence Tôth. « Avec cet agenda, nous proposons des solutions concrètes et réalisables pour améliorer la qualité de vie dans notre région. » 

  • 700 000 résidents attendus dans la couronne Nord d’ici 2040. 
  • 3 axes prioritaires : développement du réseau Est-Ouest, gouvernance locale, réallocation des ressources. 
  • 625 000 habitants représentés par la TPÉCN, regroupant 5 MRC et 20 municipalités. 
  • 10 ans d’études et d’audits sans avancées significatives dans le développement des transports collectifs. 

Couronne Nord : Un plan dévoilé pour les transports collectifs

19 mars 2025 - Par - Catégorie : Politique

En pleine crise du transport en commun et face à une congestion routière paralysante, les élus de la couronne Nord haussent le ton. Mardi 18 mars, profitant de la Journée mondiale des transports durables, ils dévoilent l’Agenda Mobilité couronne Nord, une feuille de route qui propose une reprise en main locale des infrastructures et du financement du transport collectif.

Une crise qui s’éternise

Pendant que Montréal et ses environs immédiats bénéficient d’investissements majeurs en infrastructures de transport, les villes de la couronne Nord restent à la traîne. La population, en pleine expansion, approche aujourd’hui les 625 000 habitants et devrait atteindre 700 000 d’ici 2040. L’offre de transport en commun qui ne suit pas le rythme, entraîne un recours massif à l’automobile et une congestion routière aux conséquences économiques et environnementales lourdes.

Malgré les études et rapports qui s’accumulent, peu de solutions concrètes ont été mises en place. Pour les élus locaux, ce statu quo est insupportable. « Depuis plus de 10 ans, les études se succèdent, mais rien ne change sur le terrain. Il est temps d’agir » annoncera Laurence Tôth, présidente de la Table des préfets et élus de la couronne Nord (TPÉCN).

Une problématique sur plusieurs tableaux

« Chaque jour perdu dans le trafic est une opportunité manquée pour nos citoyens et nos entreprises », a ajouté Mme Tôth. La zone connait des embouteillages sur les axes reliant la couronne Nord à Montréal. Retards et fatigue accumulée pèsent sur le quotidien, un frein pour les entreprises locales qui peinent à attirer et retenir une main-d’œuvre mobile.

L’impact environnemental préoccupe également. L’absence de solutions de transport collectif performantes contribue directement à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. D’après une étude de l’Université du Québec à Trois-Rivière, le bus pollue 6 à 18 fois moins qu’une voiture par passager

L’enjeu est aussi politique. Jusqu’à présent, la gestion des transports en commun de la région repose en grande partie sur des décisions prises à l’échelle métropolitaine. Une situation que les élus de la couronne Nord entendent désormais changer.

Reprendre le contrôle

La mise en place d’une gouvernance locale du transport collectif est requise par les élus. Leur objectif est clair : confier aux municipalités la responsabilité de développer et gérer elles-mêmes les infrastructures et services de transport. Selon la TPÉCN, cette approche permettrait de mieux répondre aux réalités du terrain en impliquant directement les municipalités dans les décisions stratégiques.

Actuellement, les citoyens de la couronne Nord contribuent financièrement aux grands projets de transport métropolitains, tels que le REM et le métro, sans en retirer les mêmes bénéfices que ceux des zones plus centrales. Une réallocation des ressources financières a été demandé afin que les contributions locales profitent d’abord aux résidents de la région. C’est le principe du bénéficiaire-payeur, où les coûts sont partagés de manière plus juste entre les usagers et les différentes collectivités.

Tom Da Costa/uniquement sur le communiqué

Crise du transport : les élus de la couronne nord proposent du concret

18 mars 2025 - Par - Catégorie : Politique

Laurence Tôth, présidente la TPÉCN, en conférence de presse à l’UQAM pour présenté l’agenda mobilité de la couronne nord.

La table des préfets et des élus de la couronne nord a dévoilé mardi leur agenda mobilité visant à instaurer un réseau de transport collectif structurant, équitable et durable. Le projet viendrait répondre aux impactes d’une croissance démographique rapide, aux besoins en mobilité ainsi qu’améliorer la qualité de vie des citoyens et des entreprises.

Par Samuel Lacasse

La Table des préfets et élus de la couronne nord profite de la journée mondiale des transports durables pour proposer trois chantiers prioritaires ayant pour but de répondre aux besoins en mobilité, d’instances locales en matière de transport en commun et de pouvoirs décisionnaires pour allouer les ressources sur la couronne nord.

 Les cinq municipalités régionales de comté (MRC), les vingt villes et municipalités de l’assemblée de TPÉCN ont pour objectifs d’échanger sur leurs positions auprès d’organismes métropolitains et gouvernementaux tels que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), du Réseau de transport métropolitain (exo).

L’organisme représente 625 000 habitants, près de 700 000 résidents d’ici 2040, dans l’aménagement du territoire, du transport, de l’environnement, du développement économique et du logement social.

Mobilité en détresse

Les citoyens et les entreprises de la couronne nord ont un besoin criant de pouvoir desservir les pôles académiques, industriels et hospitaliers de leur région.  « Ce n’est pas normal que tous les étudiants aient besoin d’avoir une auto pour aller à l’école », fait remarquer Laurence Tôth, présidente la TPÉCN, en conférence de presse.

Selon une étude de l’an dernier par la CMM, la congestion routière coûte 6 milliards de dollars à la deuxième ville la plus congestionnée au Canada, la trentième au monde. Les Montréalais passent en moyenne 57 heures dans leur véhicule, n’ayant pas d’alternatives plus efficaces pour se déplacer sur le territoire.

Crier dans le vide

Nombreux sont les rapports, les analyses et les propositions n’ayant mené nulle part. Les élus se sont même rendus à l’assemblé nationale, symboliquement dans un autobus EXO, pour tenir un point de presse trans partisan avec Québec Solidaire, le Parti Québécois et le Parti Libéral pour dénoncer le manque d’actions dans le dossier. « Nous avons réclamé une rencontre avec la ministre des Transports, Mme Guilbault, que nous avons obtenue. Mais depuis, rien », se désole Laurence Tôth.

L’agenda mobilité de la couronne nord se veut le début d’une conversation évolutive pour être en mesure de proposer des solutions puis de les mettre en action. La présidente de la TPÉCN affirme que les élus locaux sont les mieux placés pour connaître les besoins de leur territoire : « nous, on les connaît, les solutions, et elles sont dans notre agenda de mobilité », soutient-elle en proposant un comité d’élus qui pourraient assurer une gestion des ressources en collaboration avec les organismes métropolitains et gouvernementaux.

  • La couronne Nord accueillera près de 700 000 résidents d’ici 2040.
  • Montréal est la trentième ville la plus congestionnée, la deuxième au Canada.
  •  La congestion routière coûte plus de 6 milliards de dollars à Montréal.
  • Chaque automobiliste passe en moyenne 57 heures dans son auto.

Appel à l’aide des élus de la couronne nord concernant le manque de transport en commun 

18 mars 2025 - Par - Catégorie : International Politique

Laurence Tôth, présidente de la Table des préfets et élus de la couronne nord (TPÉCN), lors de la conférence de presse concernant l’Agenda Mobilité couronne nord, mardi matin à l’UQAM. Mention photo : Eve Bernier 

La Table des préfets et élus de la couronne nord (TPÉCN) demande à cor et à cri une amélioration du réseau de transport en commun qui dessert la rive nord. L’organisation a dévoilé l’Agenda Mobilité couronne nord lors d’une conférence de presse mardi matin à l’UQAM. 

Par Eve Bernier 

« Il n’y a aucune action qui a été entreprise, donc nous réclamons des actions immédiates et urgentes », souligne Laurence Tôth, présidente de la TPÉCN, concernant le document présenté mardi matin. L’organisme s’est mobilisé à maintes reprises depuis les derniers mois dans le but d’obtenir une aide immédiate du gouvernement pour le transport en commun peu développé sur la rive nord.  

La présidente dénonce l’inaction de la CAQ malgré les efforts répétés de l’organisme et souligne que ce manque d’aide va à l’encontre de la réalité de cette région, notamment la croissance démographique des dernières années et l’augmentation du nombre d’automobiles sur les routes. C’est ce qui a entre autres motivé la création de l’Agenda Mobilité couronne nord

À noter que, dans les MRC situées au pourtour de la CMM, on dénombre 661 voitures en circulation par 1 000 habitants, selon la Communauté métropolitaine de Montréal.

Une restructuration pour le nord, par le nord

Le document évolutif présente donc trois grands axes de changement : l’amélioration des services de transport collectif sur la rive nord, l’équité et la prévisibilité dans le financement, ainsi que la mise en place d’une gouvernance locale. « C’est une marche à suivre qu’on dote les élus qui veulent vraiment améliorer le transport en commun sur la Couronne-Nord », affirme-t-elle.

La demande de restructuration du système de transport concerne davantage les déplacements est-ouest que nord-sud, mentionne la TPÉCN. Selon ses chiffres, 30 % des déplacements se font de la rive nord à Montréal (et vice versa), alors que l’autre 70 % est à l’intérieur de la région visée par le projet. 

Développement lent et incertitude

Selon l’Institut de la statistique du Québec, la population de la région a augmenté de 211 600 personnes sur une période de 25 ans, soit de 1998 à 2023. Les infrastructures de transports en commun n’ont pas connu la même croissance. 

Le train de Deux-Montagnes, qui desservait 30 000 passagers par jour en moyenne, est en arrêt depuis le 6 janvier 2020 pour laisser place aux travaux du REM. Cinq ans plus tard, le REM n’est toujours pas fonctionnel et les citoyens ont recours à un service de navette sans voie réservée depuis. 

« Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas de voies réservées pour les autobus sur la 640 », déplore Mme Tôth. 

La station du REM a couté 2 millions à la ville de Deux-Montagnes. Le reste de la facture a été assumé par le gouvernement. Cependant, les membres de la Table regrettent le manque de prévisibilité dans le budget alloué par le gouvernement, ce qui les empêche de développer efficacement de nouvelles mesures.   

Quelques faits saillants:

  • La TPÉCN représente 625 000 habitants
  • 70% des déplacements sont uniquement sur la rive nord
  • le REM coutera 2 millions de dollars à Deux-Montagnes
  • La population a augmenté de 211 000 personnes depuis 25 ans
  • Il n’y a aucune voie réservée pour les autobus sur la 640

Ressources consultées:

https://statistique.quebec.ca/fr/produit/publication/laurentides-panorama

https://paradigmestrategies.com/nouvelle-23-Reponse_de_la_TPECN_au_projet_de_Plan_strategique_de_l_ARTM